En
2006, elle a manutentionné près de 80.000 conteneurs
evp (équivalents vingt pieds), réalisé un chiffre
d’affaires de 600 millions de dinars et affiché des
cadences productives de premier ordre établies en moyenne
entre 26 et 30 boîtes de l’heure, extensible au besoin
à 36 unités. Une performance unique en Algérie,
nettement mieux qu’au port autonome de Marseille et se rapprochant
de près des niveaux de productivité de Barcelone,
qui reste une référence dans le bassin méditerranéen.
D’ores et déjà, elle anticipe une montée
de charges pour 2007 et 2008, avec respectivement 120.000 et 150.000
evp et un chiffre d’affaires avoisinant, voire dépassant,
le milliard de dinars. Pour autant, au sein de l’entreprise,
les dirigeants évitent de pavoiser, estimant que les défis
à atteindre sont encore plus relevés, ne serait-ce
que vis-à-vis de la concurrence, qui impose une vigilance
des plus soutenue, relève son PDG, M. Iskounène, qui
croit que « face à l’évolution du trafic
maritime, notamment au niveau de l’organisation et de l’innovation
technologique qui imposent des défis presque identiques à
tous les ports, et qui se déclinent en termes de coût,
célérité, sécurité et fiabilité,
il faut jouer sur les différences et les vertus de chacun
pour se distinguer ».
De son point de vue, s’il est difficile en effet de parler
de la logistique spécifique au port de Béjaïa,
qui en la matière bénéficie des apports technologiques
de Portek, une référence en Asie et en Amérique,
il reste que Béjaïa peut forcer et forger davantage
ses atouts, notamment en faisant valoir sa localisation géographique
privilégiée, ses atouts nautiques, sa rade étant
des mieux abritées du bassin méditerranéen,
et l’importance de son hinterland. |
|
|
De plus, elle se distingue, par la qualité et le coût
de sa main d’œuvre ainsi que d’un réseau
routier en formation dont la conjonction peuvent lui assurer des
part de trafics non négligeables. Ses résultats en
tout cas, tout autant que l’afflux des plus grands armateurs
sur la place, en l’occurrence CMA-CGM (2-3 rotations par semaines)
et Maersk Sealand (1-2 rotations par semaine), sonne déjà
comme un gage de succès et rassure sur la bonne santé
de la filiale, détenue à concurrence de 51% par l’EPB
et 49% par le partenaire singapourien. La joint-venture, qui a induit
un investissement initial conjoint de l’ordre de 2 millions
de dollars, est en effet un soulagement aussi bien pour les chargeurs
que pour les compagnies maritimes attirés par les quantités
disponibles et la cadence de traitement offerte. A titre d’illustration,
un porte-conteneurs de 700 boîtes a été traité
en trois shift, soit en 24 heures en décembre dernier avec
un coût de 87 euros l’unité. C’est dire
les gains en productivité et en coût d’escale
générés et dont la tendance est à l’amélioration
à l’avenir, l’entreprise misant sur son renforcement
en portiques de quai et en portiques gerbeurs RTG. L’intégralité
de ses bénéfices de 2005 et 2006 a été
réinvestie à cette fin, apprend-on encore. F.TAIRI
|