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Article apparu dans le quotidien d'Oran
le mardi 05 juillet 2005.
Les ports vus de Près
Le
colloque international sur la conteneurisation, organisé
par l'entreprise de gestion du port de Bejaia à l'université
"Abderrrahmane Mira" a pris fin dimanche soir. Les
deux jours de travaux ont permis un examen exhaustif de ce
mode de conditionnement, devenu un élément majeur
du trafic maritime mondial. Le constat établi étant
que son expansion formidable durant cette dernière
décade s'est faite au détriment des pays du
Sud dont le retard technologique s'en est trouvé exacerbé
par l'émergence d'une foule de ports de trasbordement
au Nord, qui en toute logique captent et contôle l'essentiel
de ce trafic, a-t-on signalé à la fin des travaux.
Selon les participants à ce colloque, dans un contexte
de mondialisation accélérée, l'unique
solution qui s'offre aux pays émergents reste imparablement
l'adaptation aux normes régnantes, qu'il s'agisse d'investissements,de
management des ports, de l'organisation des acteurs qui y
gravitent.
En Algérie, en dépit des efforts consentis,
le retard de ce type de transport reste patent et ce, pour
de multiples raisons dont la plus significative, selon l'expert
Amar Rachedi, directeur du cabinet d'études INECOR
(paris), est liée à l'approche erronée
établie dans les années 80 sur la rentabilité
de ce type d'activité.
L'idée courante alors était qu'un terminal à
conteneurs ne pouvait être viable que si ses capacités
de traitement allaient au-delà de 100 000 boîtes/an.
L'expérience, a contrario et a posteriori, selon ses
propos, a confirmé la viabilité économique
des terminaux à 60 000 unités.
La conséquence étant que cette hésitation
s'est traduite par un manque d'investissement dans le renouvellement
des équipements et le maintien d'une gestion et d'une
organisation qui ont vite montré leurs limites. |
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Ce constat au demeurant a été nettement souligné
par le ministre des transports M. Mohamed Maghlaoui, à
l'ouverture du colloque, qui a estimé que cette situation
a généré des "goulots d'étranglement
trés coûteux". Plusieurs intervenants ont
relevé, dans cet ordre d'idée, d'autres facteurs
dont l'influence sur la promotion des ports est réelle.
Ainsi en est le cas de l'organisation intégrée
de la chaîne de transports (ports, consignataires, transitaires,
chargeurs, douanes, etc.) qui souffre d'incohésion.
C'est aussi le cas pour les efforts de mise à niveau
et de modernisation, a-t-on fait remarquer. Le développement
désormais du trafic conteneur est un impératif
et sa relance obéit à des transformations radicales
dont la plus importante reste liée à la "ressource
humaine" dont le développement appele prioritairement
à une rupture avec le mental et les réflexes
de la gestion antérieure, selon J.M. Soler, membre
du conseil d'administration du port de Barcelone. La réussite
affichée par l'expérience de la Malaisie a été
citée en cas d'école, lors de ce colloque. Malgré
des hésitations à l'amorce d'un processus de
privatisation engagé en 1986, ses infrastructures portuaires
affichent une "croissance insolente", selon des
intervenants. "La transition d'entité de gouvernement
en compagnies privées, contrôlées pour
des motifs pouvant accomplir les objectifs nationaux, était
spécialement un challenge", expliquera le PDG
de Port Klang, Abdul Samad Bin Mohamed. Dans cet ordre d'idée,
l'aventure a succès du port de Bejaia, qui a engagé
depuis plusieurs années une politique de modernisation
tous azimuts, a été soulignée. La mise
en fonction, samedi, d'un terminal à conteneurs d'une
capacité de 200 000 boîtes/an en joint-venture
avec une entreprise de service de Singapour, en est le résultat
le plus probant, a-t-on estimé.
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